CATHERINE LOCANDRO « JE SOUHAITE VIVRE DE MON ART »

Ponctuelle, assise dans un fauteuil étriqué, son sac à même le sol et un livre à la main, Catherine attend posément que l’on vienne la chercher.

Il est rare qu’une voix, une correspondance écrite et la réalité physique d’une personne soient en concordance avec notre imaginaire – c’est pourtant le cas avec Catherine Locandro.

Très jeune quadra, Catherine a un look soigneusement étudié et particulièrement bien porté. Séduisante sans être séductrice, elle aurait pu revendiquer une carrière d’actrice, mais voilà : pudique et réservée, elle préfèrera passer de l’autre côté de la caméra ou du crayon.

Le virus de l’écriture

À la question « Qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture ? », Catherine Locandro répond de manière très précise :

« Ce qui m’a amené à l’écriture ? Vaste question. Si je remonte à la genèse, je voulais être scénariste, et j’ai donc écrit mon premier scénario. Je l’ai présenté à Marie Trintignant qui a accepté très rapidement d’y jouer le premier rôle. Puis j’ai découvert qu’écrire un scénario est une chose, trouver l’acteur est une autre chose et lever les fonds nécessaires à sa réalisation encore autre chose… et c’est bien sur ce dernier point que le bât a blessé, je n’ai jamais réussi à lever de fonds. C’est ainsi que j’ai pris la décision d’en faire un roman.

En septembre 2003, le manuscrit est envoyé à l’ensemble des maisons d’édition et c’est Gallimard, en février 2004, qui me fait l’honneur de publier Clara la nuit, il y a tout juste 10 ans. L’édition de mon premier livre me permet de gagner certains prix dont le prix René Fallet*, mais aussi de faire quelques Tv. Les ventes ne sont pourtant pas extraordinaires, et une certaine euphorie fait place à la déception. Mais cela n’altère aucunement mon désir d’écrire : je me remets aussitôt à l’écriture – 2 premiers romans via l’éditeur Gallimard et les 4 autres par d’Ormesson.

Je quitte Gallimard car l’éditeur estime qu’au fil de mes romans, je m’éloigne du style de mon premier livre et il ne souhaite donc plus poursuivre la collaboration. J’entre dès lors chez d’Ormesson.

Le poids des mots

Les mots de Catherine sont choisis, posés, l’écrivaine prend le temps de la réflexion pour répondre à nos interrogations.

« Je suis une grande timide, choisir les mots n’est pas obligatoirement quelque chose de simple et requiert à mes yeux une grande rigueur afin de répondre avec précision et justesse aux questions qui me sont posées. »

En lisant son dernier ouvrage, Histoire d’un amour, sorti en ce mois d’octobre, l’on remarque certes la pertinence des mots mais aussi la fluidité de cette histoire dans laquelle Luca, professeur de philosophie, ouvre un jour son journal et bascule dans son passé..

Femme de tête

Quand on demande à Catherine de se définir, l’on remarque que c’est un exercice auquel elle s’est déjà attelée. C’est en nous livrant une réponse chargée de sens que notre écrivaine va prendre le temps de s’exprimer.

« Les définitions m’ennuient, elles enferment ».

Pourquoi la Belgique ?

« Née à Nice, j’ai vécu 10 ans à Paris. Si j’ai aimé cette ville, il me faut reconnaître qu’il m’a été difficile d’y vivre de mon art ; je n’avais d’autre choix que d’exécuter des boulots connexes, tels qu’écrire des bandes-annonces, des synopsis pour différentes chaînes de télévision. 

Un jour, des amis nous ont invités à Bruxelles et, plus précisément, à Ixelles : nous sommes immédiatement tombés sous le charme d’une certaine douceur de vivre et de l’ouverture d’esprit belge. Cela fait maintenant 9 ans que nous habitons près de la Place du Châtelain. Pour ce qui est de mon endroit préféré, il s’agit du Parc Tenbosch à Ixelles. Un endroit magnifique, apaisant. Je m’arrange pour le traverser très souvent, et j’adore m’y rendre pour bouquiner durant les beaux jours ». Un regret pourtant pour Catherine celui ne de ne pas voir assez souvent ses amis français.

SB

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