Assis dans le Lobby de l’Hôtel Sofitel, nous attendons son CEO, Sophie Blondel, pour son interview. Les gens vont et viennent quand une jeune trentenaire arrive : même si nous n’avions pas découvert son visage avant, nous aurions su qu’il s’agissait de la patronne de l’hôtel tellement son pas décidé ne laisse planer aucun doute sur sa détermination.

UN PARCOURS ATYPIQUE

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Sophie Blondel est née à l’Eure et plus précisément à Vernon (petite bourgade de la Normandie). C’est une jeune femme aux multiples talents. En effet, Sophie Blondel est golfeuse mais aussi (et surtout) danseuse semi-professionnelle : « La danse me manque, j’aime sa rigueur et l’exutoire qu’elle offre ». Alors que d’autres se seraient déjà contenté de cela, Sophie Blondel ajoute avec un détachement sincère : « J’ai fait de l’équitation, du piano (un peu trop), et j’ai touché au mannequinat ». Cela a permis à Sophie de se forger une ouverture d’esprit assez peu commune et elle se définira elle-même avec beaucoup d’humilité : « Si je devais me définir, je dirais que je suis logique, travailleuse et passionnée, je pense aussi être fédératrice, ce qui ne m’empêche pas d’être une touche-à-tout ».

La valeur du travail

Un Bac économique en poche à l’âge de 17 ans, Sophie Blondel part au Havre pour y suivre un DEUG international en droit – « Je n’ai pas le choix, je dois travailler pour payer mes études, j’enchaîne les jobs d’étudiant, c’est un choix que je m’impose – je souhaite assumer mes choix, ne pas être un poids pour qui que ce soit et surtout ne rien devoir à personne – c’est une philosophie de vie qui m’accompagne encore aujourd’hui ».  Pourtant, j’interromps mon DEUG car si mes études se passent plutôt bien, il en va de même de mes jobs d’étudiant : ainsi, le frère d’un des patrons du restaurant où je travaillais m’a demandé de prendre la gestion des magasins de décoration et de tapis orientaux – mais, pour moi, il est impensable d’arrêter mes études – si je mets entre parenthèse mon DEUG en droit, c’est parce que je me rends compte que je suis une femme d’action, de terrain, de décision. J’entreprends directement des études par correspondance qui se clôtureront en 2002 par un Master en gestion hôtelière ; c’est la partie comptabilité qui fut pour moi la plus difficile, je dois le reconnaître ».

BRUXELLES UNE (première) FOIS

Sophie Blondel fait connaissance avec Bruxelles une première fois en juillet 2003 dans le cadre d’un stage à l’Hôtel Stanhope (membre de la Thon Hôtel). La Directrice Générale de l’époque remarque très vite le côté dynamique, travailleur et fiable de Sophie Blondel : alors qu’elle cherche un Banquet Manager, elle décide de faire confiance à cette jeune stagiaire normande. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’investissement sera payant : « Le service n’existait pas quand je suis arrivée, c’est aujourd’hui encore un Centre de Profit important pour l’Hôtel et j’en suis assez fière ». Sophie Blondel y restera 12 ans et demi dont 5 ans passés à la Direction : « Pendant ces 12 ans et demi, je deviens maman d’un petit garçon qui a 4 ans 1/2 aujourd’hui. Le papa est chef dans un restaurant étoilé de la capitale, et si nous comprenons parfaitement les contraintes de nos métiers respectifs, nous sommes astreints à un rythme de travail assez contraignant ».

L’OCCASION FAIT LE LARRON

« Si 12 ans et demi de travail acharné au Stanhope n’ont à aucun moment émoussé mon dynamisme et mon engagement, une opportunité est venue frapper à ma porte, celle dune candidature au poste de CEO du Sofitel Bruxelles pour entrer ainsi dans le Groupe français Accor. À partir du moment où mon sort était scellé, j’entre dans une autre culture d’entreprise, délaissant ainsi un modèle anglo-saxon pour un modèle français. Quand je suis arrivée au Sofitel Bruxelles, il a fallu que je comprenne le produit, l’équipe et les processus. Si je suis toujours à l’écoute, cela ne s’oppose pas au fait que j’ai une communication directe, ce que les gens apprécient en général, le fait d’être lisible aussi facilement permet à chacun de mieux se comprendre et ainsi de gagner du temps ». À la question de savoir comment une jeune maman gère son temps, sa réponse est simple et spontanée : « C’est une question d’organisation et d’optimisation – en plus de mes fonctions au Sofitel, je suis Présidente de BHA, organe représentatif des hôtels bruxellois ». Au fil de la discussion que nous avons eue, il apparaît sans aucun doute que Sophie Blondel se plaît dans son nouvel environnement.

I LOVE BRUXELLES

« Je me considère comme Bruxelloise d’adoption. J’aime énormément le côté pratique et cosmopolite de la ville. Bruxelles est à mes yeux une belle image de tolérance dans une ville à caractère international qui bouge. Si j’aime le multiculturalisme de Bruxelles, je cultive le paradoxe de ne pas côtoyer tant de Belges que cela – d’ailleurs, sur mon petit échantillon, j’aurais tendance à dire qu’il n’y a pas un Belge mais bien des Belges. En termes de personnalité, les Belges sont plus ouverts que les Français, ils ont incontestablement une belle ouverture d’esprit et je trouve que  « le Belge me va bien ».

SB