LE PRIEURÉ SAINT-GÉRY, ET LE MIRACLE EUT LIEU…

le prieure saint-geryLe Hainaut n’a pas pour réputation d’être un haut lieu de la Gastronomie belge – et pourtant, c’est probablement une des provinces du Royaume qui m’a révélée de belles surprises. Depuis cette expérience culinaire particulièrement réussie, je me suis dès lors méfié des images simplistes renvoyées sur une région ou une ville. Le Prieuré Saint-Géry est et reste ainsi une très agréable découverte que je souhaite vous faire partager. C’est au détour d’un village agricole, qui porte le nom de Solre-Saint-Géry, que se dresse discrètement, à quelque 80 mn de Bruxelles, l’ancien prieuré éponyme devenu joyau gastronomique. Cette petite retraite épicurienne est dirigée depuis 20 ans par Vincent Gardinal, Chef et propriétaire de l’établissement.

Une gentilhommière comme lieu de pèlerinage

prieure SAINT GERYDissimulée sous un lierre épais qui tapisse la façade du Prieuré, une porte en bois rustique nous invite à entrer. Une fois poussée, nous pénétrons dans un hall au carrelage incertain qui nous dirige directement dans la salle de restaurant intime et discrète, où l’âme de l’ancien prieuré peut livrer toute sa majesté, et ce même si la décoration a été revisitée avec talent. L’un des secrets de Vincent Gardinal qui dirige ce restaurant étoilé depuis 1996, est sans doute son non-conformisme à la bienséance trop apprêtée d’autres restaurants étoilés. Le maître des lieux définit partiellement sa réussite par des produits simples, frais et de saison, qui lui valurent une étoile au Michelin en 1996, mais aussi par un service simple et de bonne tenue.

Une carte variée vous sera offerte, allant du chaud/froid de langoustine beurre Sauternes au vrai faisan sauvage et céleri rave, en passant par une selle d’agneau de Sisteron. Et, pour les Français, élément ô combien apprécié, un chariot particulièrement bien fourni de fromages frais et affinés.

Une étoile mérité

prieuresaintgery-01Personnellement, au-delà de la qualité que nous sommes en droit d’attendre d’un étoilé, j’ai été frappé par l’équilibre des assiettes allié à une présentation et à une recherche de détails particulièrement soignées : le pain à la Chimay ou à la farine de châtaigne mais aussi le sel noir de Haïti n’ont pas manqué de nous surprendre. La carte des vins y est généreuse, tout comme le verre, et sans aucun doute chacun y trouvera son bonheur. Enfin, sans connaître la raison de notre venue, Vincent Gardinal est venu prendre de nos nouvelles et de celles des autres clients au fil du repas, comme pour s’assurer que nous nous sentions comme chez nous dans son établissement, marque d’attention qui traduit une grande culture de l’hospitalité.

Etienne du Bary