JÉRÉMIE ROUSSEAUX, SAVOIR ASSUMER SES DOUTES ET SES RESPONSABILITÉS.

Quand nous rencontrons Jérémy Rousseaux, ce qui surprend au premier abord, c’est son côté « poupon » : il est difficile d’imaginer que, derrière ce physique d’adolescent, se cache un homme qui a déjà derrière lui 7 années de médecine et 4 de pédiatrie, auxquelles il faudra rajouter 4 ans de pratique, l’ensemble avec une assurance affirmée conjuguée à une humilité que son métier impose. Né il y a 34 ans (en 2016) à Marc-en-Baroeul, Jérémie Rousseaux a toujours baigné dans un univers lié à la santé à travers ses parents (un papa dans le domaine de la rééducation et une maman médecin) mais aussi à travers ses frères médecins. C’est à Lille que Jérémie ira faire ses 7 ans de médecine, puis celui-ci se dirigera sur Poitiers, où sa thèse portera sur « les entérocolites prématurées ». De retour à Lille, Jérémie Rousseaux obtient un CDD de 2 ans : quand le contrat se termine, il n’y a pas de poste ouvert. « Je ne souhaite pas m’éloigner de Lille, je vais voir à St-Luc à Bruxelles et j’obtiens un nouveau contrat (CDD) d’une durée de 2 ans ». Quand on demande à Jérémie pourquoi il a choisi la réanimation pédiatrique, sa réponse est argumentée et ne laisse aucun doute. C’est un véritable choix, une décision délibérée. « Après mes 7 ans de médecine, j’opte pour la réanimation, d’une part, et pour la réanimation pédiatrique, d’autre part. C’est une branche de la médecine très technique et très humaine, j’aime ce contact naturel avec les enfants. Vous savez, un enfant malade n’a rien fait pour que cela lui arrive. Le poids de la responsabilité est stressant même si on n’est jamais vraiment seul – la remise en question est permanente. Le fait d’avoir appris pendant de longues années à faire ce métier me rassure, ainsi que le fait de savoir que plus je pratique, plus je me sens rassuré. À Saint-Luc, nous sommes une équipe soudée, nous prenons soin les uns des autres. Le métier que j’ai choisi m’oblige à accepter d’avoir des limites et, le cas échéant, de me faire aider par un psychologue. Je n’ai jamais douté de mon métier mais le doute s’impose dans la connaissance profonde de son métier – ainsi, je peux affirmer que le doute est un moteur ».

Jérémie Rousseaux

La Chaine de l’espoir

Jérémie Rousseaux sait qu’en Europe, nous sommes hyper-privilégiés en termes de soins de santé, et lui-même en tant que médecin travaille dans des conditions particulièrement optimales – il n’imaginait pas son métier sans donner aux plus démunis, même si, parfois, cela se passe dans des conditions les plus sommaires, c’est probablement ce qui fait que l’on passe d’un métier à une vocation.
Jérémie« Quand nous recevons en Belgique des enfants, ceux-ci viennent souvent d’Afrique. Après l’intervention, les prises en charge post-opératoires sont assurées par des familles d’accueil. Le choix des enfants qui sont envoyés en Belgique est lié au choix du médecin référent sur place (les parents ne viennent pas). Une des spécificités de la Chaîne de l’espoir est que l’enfant doit être guéri en quittant la Belgique (pas de traitement pour des questions de moyens et de disponibilité dans son pays d’origine).« Nous sommes 4 médecins et 2 sur 4 partent en missions au moins une fois par an à l’étranger pour les chaînes de l’espoir – c’est aussi l’aspect « terrain » qui a motivé mon engagement pour la Chaîne de l’espoir. Le fait d’avoir été en Haïti après le tremblement de terre, puis au Nicaragua m’a fait prendre conscience de l’importance à revenir à des fondamentaux ; les praticiens qui partent redeviennent instantanément des médecins « cliniques » plus que des praticiens « techniques » puisque, sur place, la technique n’est pas toujours présente. Un médecin en détachement terrain se met en difficulté et s’expose beaucoup plus. J’ai vécu ces deux expériences à plusieurs niveaux : humain, professionnel, social, cela forge votre métier ».

Je pose mes valises à Bruxelles

Comme la plus grande majorité de ses compatriotes, Jérémie Rousseaux aime la Belgique. « Sur le plan professionnel, la hiérarchie est plus transversale, ce qui n’ôte en rien la notion même de hiérarchie ; par contre, cette transversalité simplifie et fluidifie la communication. Après avoir fait des allers-retours entre Bruxelles et Lille, Jérémie décide de poser ses valises dans les environs du cimetière d’Ixelles, même s’il sait que son CDD arrive à terme et qu’il est probable que ce soit à Lille qu’il doive pratiquer.

SB