Les traits du visage d’Agnès Ogier ne laissent planer aucun doute sur sa personnalité. À l’écoute, directe, cette femme de décision est volontaire. Avec sa poignée de main (ferme) et son regard franc, on cerne d’entrée de jeu que l’entretien sera franc, riche et concret.
Née en Banlieue de Paris à Maisons-Alfort, Agnès fera ses classes préparatoires au célèbre lycée Henry 4 (option latin-grec), puis poursuivra ses études à Centrale Paris pour y devenir Ingénieur en «innovation, conception et production ». Cette maman de 3 enfants nous accueille de avec beaucoup de simplicité dans son bureau parisien.

UNE CARRIÈRE VITESSE TGV
C’est dans le Cabinet Booz Allen Hamilton (Conseil en stratégie US) qu’Agnès Ogier se familiarisera avec le monde du travail jusqu’en 1993 où elle rentrera chez SFR (qui à l’époque comptait 250 pers et, 17 ans plus tard, 9.000 collaborateurs), encore start-up. Agnès y gère les contrats lors de l’avènement du GSM, le Marketing « Pricing Deals », et enfin, en toute logique, le Marketing B2B. Vient alors la fusion avec 9 télécoms : « Les téléphonies fixes et mobiles se complexifient chaque jour et j’ai appris que de la contrainte peut naître l’innovation – c’est l’effet de réseaux, que ce soit dans les télécoms, la banque, l’assurance ou le train, il est impératif d’être proche du service ».

CE SERAIT BIEN QUE JE FASSE AUTRE CHOSE…
Une solide formation d’ingénieur, un tout aussi solide passé en Marketing en poche, Agnès Ogier décide de quitter les réseaux télécoms pour les réseaux ferroviaires et entre en 2010 comme directrice marketing de la branche Voyages au Marketing de la SNCF, qui génère un chiffre d’affaire de 4,4 milliards d’euro et compte 100 millions de voyageurs par an. « Une des premières chose qui m’a frappée, c’est que les dimensions de taille et les échelles de grandeur sont importantes ».
« Nous formons 10.000 collaborateurs par an (formation interne) et accompagnons l’ensemble de notre personnel dans ce changement. J’occupe ce poste pendant 4 ans avec des gros « Yield Management », cela va de la refonte de la restauration à celle des cartes commerciales (Sénior – étudiants) et, pour la première fois en 2013, on a lancé ‘OUIGO’, première carte low-cost Paris-Marseille – Paris-Montpellier, ce fut un succès total ».

LE THALYS ENTRE EN GARE DE BRUXELLES
agnes_ogier_thalys_2015-2« En avril 2015, nous sommes autonomes avec ce que cela implique en terme de gestion (problématique : le niveau de complexité est supérieur à sa taille), mais ceci est une richesse et donc une force. Mon job a changé entre le début de mon engagement et, aujourd’hui, l’aventure de l’autonomie de la société ‘Thalys’ est une belle aventure qui se fait en 18 mois, même si personnellement, je n’y ai pris les rênes que dans les 6 derniers mois. Je remarque pourtant là que mon cursus d’ingénieur m’aide, quand les cadres me parlent technique, je comprends ce qu’ils me disent ».
Pour cette femme qui s’assume et qui vient de recevoir le Trophée Fémina catégorie Business le 14 octobre 2015 à Paris, la SNCF est aussi un monde d’hommes, certes, mais pas exclusivement : l’entreprise a promu plusieurs femmes à des postes clefs aux plus hautes fonctions au COMEX (Comité exécutif).

LA BELGIQUE : « LES BELGES SONT ATTACHANTS »
« La Belgique, c’est un vrai Pays, avec sa propre identité, en fait, je dois bien reconnaître que je n’ai pas réalisé que j’allais être expatriée en venant en Belgique. Personnellement, je trouve que les gens sont attachants et plus directs – la Belgique, c’est un beau pays avec des architectures et des beautés plurielles, que ce soit à Bruxelles, Anvers, Liège, Bruges ou Mons. Comme professionnellement j’ai toujours évolué dans des environnements multiculturels, je me suis intégrée très facilement en Belgique ; d’ailleurs, Thalys est une société multiculturelle par définition. Je conclurai en constatant que les Belges sont sympas et vraiment sensibles aux efforts que vous pouvez fournir pour vous intégrer ».